mercredi 12 septembre 2007

Dom Juan - Le Festin de pierre

Mise en scène : Philippe Torreton
Assistante à la mise en scène : Keti Irubetagoyena
Collaboration artistique : Jean-Luc Revol, Pierre Cassignard
Distribution : Philippe Torreton, Jean Paul Farré, Yann Burlot, Caroline Charléty, Nicolas Chupin, Sophie Charlotte Husson, Stéphan Jones, Serge Maillat, Florence Muller, Maximilien Muller
Décors : Alain Chambon
Costumes : Bonnie Colin
Lumières : Bertrand Couderc
Son : Eric Neveux

J'ai eu le plaisir ce soir d'assister à la première de cette superbe pièce. Nous verrons demain ce que les critiques en diront, mais moi je suis emballée ! Une mise en scène parfaite, des décors simples mais justes, des costumes superbes, du plus ridicule au plus raffiné, et des acteurs précis, doués, leurs intentions tellement naturelles, ils ne jouent pas, ils sont les personnages !
Les effets spéciaux spectaculaires. Et la salle !!!! Le théâtre Marigny, sur les Champs Elysées, propriété de Robert Hossein ! S'il vous plaît !
En plus le mercredi la représentation commence à 19h pour permettre au public de débattre avec les acteurs ensuite. Philippe Torreton nous a dit avoir mis 18 ans à monter ce projet. Il faut dire que cette pièce a tellement été censurée qu'à ce jour il y a un doute sur l'authenticité de 10% du texte joué aujourd'hui. Et puis il s'est imprégné de ce rôle de Dom Juan, de chaque personnage pour pouvoir les définir et diriger ses partenaires.
Remarquable travail en effet, et le public a tellement applaudi ! La salle était pleine, les rappels n'ont pas cessé (et pourtant ils n'ont pas chanté de chanson supplémentaire ... comprends pas !)
Et Monsieur Jean-Paul Farré, vous êtes court sur pattes mais vous êtes un grand bonhomme, votre Sganarelle est un vrai plaisir à voir évoluer sur ce plateau de bois.
Bon, je ne peux pas taire que comme c'était une première j'ai vu des personnes plus ou moins connues......... La finaliste des présidentielles, un chante
ur (J'veux pas y'aller à ce dîner, j'ai pas l'moral, j'suis fatigué, ils nous en voudront pas, allez on n'y va pas.) et un dénicheur de talents enrobé et sossoteur.... Alors ? des noms ? Eh oui m'sieur dame, je ne sors pas n'importe où ! :-)

Merci Emilie ! Et vive le 20 Minutes !! ;-)

Ajout du 17/09 :
Les premières critiques arrivent sur le net. Je ne les approuve pas, vous comprendrez pourquoi. Mais vous pouvez lire une dépêche AFP qui n'invite pas au rêve.
Les décors d'Alain Chambon, déjà, ne concourent pas beaucoup au succès de l'entreprise. [...] le premier acte ouvre une piste intéressante, malheureusement sans suite [...] la forêt (acte III) où le héros fuit et l'intérieur de sa demeure (acte IV), sans perspective, font vraiment très carton-pâte. [...] Sophie-Charlotte Husson, trop neutre dans ce rôle de femme bafouée. [...] Même Jean-Paul Farré, dans la peau du serviteur Sganarelle craintif et superstitieux, pourra décevoir, tant son immense talent burlesque paraît ici bridé. [...]Une esthétique de "théâtre à machines" flirtant avec le gros "son et lumière"
D'ailleurs, je n'avais jamais remarqué comme il est aisé pour un journaliste de se cacher derrière l'intitulé "AFP" pour balancer une info de façon absolument partiale ...

Ajout du 20/09 :
Paru dans le 20 minutes :
Torreton humanise Dom Juan
Philippe Torreton en Dom Juan ? Pourquoi pas. Mais pour sa première mise en scène, à 41 ans, l'ancien pensionnaire de la Comédie-Française [qu'il a quittée en 1999] s'est attaqué à un gros morceau. D'autant que cette pièce a « tellement été censurée que personne ne peut affirmer l'avoir jouée dans son intégralité ». Intrigué autant qu'attiré par le séducteur invétéré de Molière, qu'il interprète également, Torreton veut imposer « une véritable prise de conscience » à « ce petit con », comme l'a un jour appelé affectueusement Michel Bouquet. C'est chose faite. Dom Juan, au début désinvolte et ridicule sous sa perruque grotesque, est progressivement mis à nu, moralement et physiquement, avant de finir dans l'angoisse et le dénuement. Il se débarrasse de ses artifices pendant que le décor, fastueux dans le premier acte, est réduit à une table au milieu du parquet incliné, au dernier acte. Les jeux de son et de lumière, tour à tour assourdissants ou aveuglants, donnent du relief aux tourments du personnage, et des trucages utilisés avec parcimonie amplifient l'effet de dépouillement. Le choix de Jean-Paul Farré, moins facétieux que prévu en Sganarelle scandalisé par l'attitude de son maître, accentue encore le contraste entre morale et culpabilité. Emilie Chamoreau
Paru dans Le Monde en ligne le 21/09 (en fait 3 lignes d''avis, et le reste de faits neutres.... Soyons aussi critiques avec les critiques, na !) :
Noir "Dom Juan" de Philippe Torreton
Et voilà Dom Juan, grand seigneur libertin du XVIIe siècle mais aussi précurseur des esprits libres-penseurs du XVIIIe siècle, prêt à tout renier pour ne pas se renier lui-même, au Théâtre Marigny, à Paris. La mise en scène de Philippe Torreton, qui interprète le rôle, est d'un classicisme vertueux digne de la Comédie-Française qu'il a quittée bruyamment en 1999, mais son interprétation du personnage de Molière fixe l'attention.


A vrai dire, ça commence mal : si le couplet sur les vertus du tabac prononcé par Sganarelle (Jean-Paul Farré) devant une inscription Vietato fumare, fait sourire, la première apparition de Torreton, sous une absurde perruque blondasse, fardé de blanc, les joues rougies comme celles d'une mère maquerelle, fagoté dans un costume de général romain d'opérette, est si ridicule qu'on oublie de l'écouter.

Mais dès la scène suivante, dans une ambiance de grisaille (décor, costumes) qui fonce au fur et à mesure, le ton change, de plus en plus amer et noir. La mort rôde, le corps blafard d'un pendu surgit au détour d'un chemin, un crâne est posé sur un bureau, des taches de sang maculent les mouchoirs, la statue du Commandeur prend la forme d'une lumière fulgurante qui aveugle les spectateurs. Sganarelle en perd tout sens de l'humour, affolé, atterré, cherchant en vain à remettre son maître sur le droit chemin, non par tendresse mais par peur.

Quant à Dom Juan, il s'enferre, non pas à la recherche du plaisir, mais dans son insolence, en une marche en avant désespérée vers le destin qui va le broyer. Torreton s'est fait la tête de Molière (qui jouait Sganarelle), bravant l'assistance, les hypocrites et les dévots, après le scandale provoqué par Tartuffe. Martine Silber



21 commentaires:

Anonyme a dit…

Ca t'a plu ?

Maï a dit…

Tu me mets ça sous les yeux, alors que je suis précisément en manque de culture ? Mais tu veux ma mort ? ;-)

Léti a dit…

ben écoute la prochaine fois prends ma place ! si tu veux je t'offre le gite et le couvert !

Maï a dit…

Merci ! Mais ce serait encore mieux si on pouvait y aller ensemble ! :-)

Léti a dit…

viens je te dis ! il y a toujours moyen de moyenner à Paris !

Maï a dit…

Hé, t'es mon hébergeuse attitrée à Paris. Et comme chacun sait, impossible d'arriver en France sans passer par la Capitale.

Mais ça va vite devenir un plaisir à ce rythme-là ! :-)

Léti a dit…

à quel ryhtme ? tous les deux ans ?!..... en meme temps chez moi c'est toujours un plaisir non ? :p

Anonyme a dit…

De rien... Ravie que tu es pris tellement de plaisir. C’est vrai que cette première était particulièrement réussite… On remet çà ?

Léti a dit…

ouiiiiiiiiiiii !!!!
Maï, pleure pas !

Maï a dit…

peut-être même tous les ans, qui sait ? :-)

mi tissue mai ? (t'as un kleenex ?)

Léti a dit…

t'en fais pas cocotte si tu viens pas .... Je te raconterai !! gnark gnark gnark !

Bonnie a dit…

Merci pour ces beaux compliments...
... ça fait du bien d'entendre ça après tant de travail!!!

Anonyme a dit…

Le troisième...pas encore trouvé !

Léti a dit…

Parce qu'elle a mérité que son nom soit diffusé j'applaudis encore Bonnie Colin, même si mon clap clap est ici virtuel il vient du coeur. Entre ces manteaux splendides, cette bourka surprenante, et le fameux costume ridicule de début de pièce !!
Je me suis régalée !!!

Léti a dit…

Céline.... cherche dans la biographie artistique de Béatrice Dalle.

Maï a dit…

Tu vois Léti, je ne suis pas la seule à ne pas connaître son nom :-p

Céline : il est aussi acteur. Vraiment pas beau d'ailleurs

Bonnie a dit…

...j'ajoute juste qu'aucune costumière n'aurait pu forcer à porter un costume "si ridicule" à un comédien-metteur en scène sans son accord...cela va de soi...Philippe souhaitais exactement ce costume, et ce "décalage"...certains comme toi l'on compris...d'autres restent bloqués dans l'idée qu'ils se font de Dom Juan...la confusion entre Don Giovanni et le Dom Juan de Molière qui lui nous parle bien de religion(s) va provoquer encore une fois des débats et j'en suis ravie!
merci encore d'avoir apprécié notre travail...et vive Molière!!!

Léti a dit…

Vive Molière ! Et que ce travail connaisse le succès qu'il mérite !

Anonyme a dit…

Dominique Besnehard ?

Léti a dit…

oui Céline ;-)

Anonyme a dit…

Dégouté par la critique de Fabienne Pascaud dans télérama sur Dom Juan. C'est pas possible de faire ce métier et d'écrire comme ça !!! Je pense que cette femme a un problème avec Philippe Torreton, à chacun de ses spectacle elle le détruit carrément...