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lundi 29 septembre 2008

Le carnet à spirale

Comme ça faisait longtemps aussi que je n'avais pas déposé de texte ici, je répare cette parenthèse, et vous propose le Carnet à Spirale (1976) du génialissime William Sheller (paroles et musique). Si vous devez découvrir ce grand artiste, préférez une version acoustique. Dans le doute, faites-moi signe et je vous aiguillerai avec grand plaisir. Et pour les curieux, vous le retrouverez dans ma playlist sur Deezer.


J'ai cassé la mise en forme traditionnelle pour que vous puissiez sortir de ces formes figées, qui sont parfaitement alignées, et qui on en dégoûté plus d'un de la poésie et des belles écritures.


J'ai encore perdu ton amour tu sais. J'peux pas m'souvenir de ce que j'en ai fait, je l'ai pourtant rangé comme il fallait. C'est pas croyable comme tout disparaît !
Mais j'ai trouvé dans mon carnet à spirale tout mon bonheur en lettres capitales, à l'encre bleue aux vertus sympathiques, sous des collages à la gomme arabique. J'ai un à un fouillé tous nos secrets, j'n'ai rien trouvé dans le peu qu'il restait sous quelques brouilles au fond sans intérêt, des boules de gomme et des matins pas frais.
Mais j'ai gardé dans mon carnet à spirale tout mon bonheur en lettres capitales, à l'encre bleue aux vertus sympathiques, sous des collages à la gomme arabique.
J'ai encore perdu ton amour c'est vrai mais après tout personne n'est parfait. Si tu n'en as plus d'autres, c'est bien fait. Tant pis pour moi, j'étais un peu distrait. Je garderai dans mon carnet à spirale tout mon bonheur en lettres capitales, à l'encre bleue aux vertus sympathiques, sous des collages à la gomme arabique.


Vous pouvez aussi retrouver sur ce blog Le Capitaine.

Un PS pour Marie-Aimée : je me souviens, à Tours, au Vinci, main dans la main et larme à l'oeil, pendant un instant magique.

dimanche 27 juillet 2008

Le capitaine

On m'a dit récemment "tu connais beaucoup de chansons françaises toi" et ça m'a paru étrange. En effet j'aime les chansons à texte, et en particulier celles qui ont un vrai message. Pas celles qui remplissent les bacs des disquaires uniquement pour ...faire vendre. Pour parodier Gad Elmaleh dans son sketch sur les comédies musicales, je dirais que je préfère les chansons qui défendent un point de vue plutôt que celles qui disent "L'amour, c'est bien !". C'est un point de vue, effectivement mais bon...
Pour ma défense, je n'écoute pas les radios pour jeunes, et ne suis pas fan des derniers chanteurs à minettes, éphémères à souhait... Ca aide !
Alors je me suis dit que j'allais présenter ici des textes que j'aime, pas forcément très engagés, mais des chansons que j'aime pour la qualité de construction, et pour diverses raisons. Un bon texte, selon moi, se passe volontiers de la musique sur laquelle il est chanté, pour nous faire voyager, réfléchir, rêver...
Alors je commence par un texte du génial William Sheller. Une fois encore je me démarque de ma génération, pour qui ce nom n'évoque pas grand chose. Mais passons... J'ai choisi parmi toute son oeuvre (qui mériterait bien un blog entier d'ailleurs ;-) ) Le capitaine. Et je vous propose un petit jeu. Je sais que parmi vous, nous avons quelques érudites, parmi elles je pense à celles qui ont lu les classiques, et qui connaissent peut-être un peu l'histoire de l'opéra... Alors la question est : quelle histoire célèbre est évoquée dans cette chanson ?
Maintenant, place au texte (que j'ai remis en forme, pour le rendre lisible de façon fluide, comme une nouvelle) :

Mon bateau est tout bleu dans les reflets de la lune, j'avance sur la mer calmée.
"Dites-moi, voyez-vous déjà la ligne des dunes qui bordent la maison de thé ?"
Fumée en marche, tout me pousse. Sur sa table mes lettres doivent s'envoler.
Amour en marche, tout me pousse. Ses cheveux noirs aux branches doivent s'emmêler, les bambous seront lourds autour de la maison, elle portera sans doute un kimono de coton. J'y pense chaque jour en regardant l'horizon. Les marins chuchotaient cette nuit sur le pont "Que fait le capitaine? Il a perdu la raison."

"Monsieur un télégramme." Et j'ai dû prendre la mer mais le voyage fut si long. Elle est restée mon rêve et je reviens vers la terre. A-t-elle su compter les saisons ?
Fumée en marche, tout me pousse. Sur sa table mes lettres doivent s'envoler.
Amour en marche, tout me pousse. Ses cheveux noirs aux branches doivent s'emmêler, les bambous seront lourds autour de la maison, elle portera sans doute un kimono de coton. J'y pense chaque soir en regardant l'horizon.
Les marins chuchotaient cette nuit sur le pont "Que fait le capitaine? A-t-il perdu la raison ?"

Amour en marche, tout me pousse. On éteint la lanterne dans la maison de thé, ce sont des larmes qu'on étouffe. Oh monsieur Puccini mais que s'y est-il donc passé?
Les bambous sont fanés autour de la maison, du sang rouge a fleuri au kimono de coton. Un papillon est mort, un pétale est tombé et les marins chuchotent au matin sur le pont "D'où vient le capitaine? Il a perdu la raison"